Tu t'es déjà demandé pourquoi certains fighters restent dans le top 5 sans combattre pendant des mois, alors que d'autres enchaînent les victoires sans jamais obtenir leur title shot ? Le classement UFC fait l'objet de nombreuses controverses depuis des années, et franchement, quand on regarde de près, il y a de quoi se poser des questions.
Dans cet article, on va décortiquer ensemble les incohérences majeures du ranking UFC sur les 5 dernières années. Spoiler alert : ça va piquer.
Comment fonctionne le classement UFC ?
Le système de vote des médias
Avant de crier au scandale, il faut comprendre comment ce fameux classement est établi. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n'est pas Dana White qui décide seul dans son bureau. Le ranking UFC est déterminé par un panel de journalistes et médias accrédités.
Concrètement, environ 40 à 50 membres des médias votent chaque semaine pour établir le classement de chaque catégorie. Le problème ? Les critères ne sont pas clairement définis. Chaque votant applique sa propre logique, ce qui crée forcément des incohérences.
Les critères officiels (théoriques)
En théorie, plusieurs facteurs devraient être pris en compte :
- Les victoires et défaites récentes
- La qualité des adversaires affrontés
- La manière de gagner (finish vs décision)
- L'activité du combattant
- La durée depuis le dernier combat
Mais dans les faits, on va voir que ces critères sont appliqués de manière très aléatoire, et c'est là que le bât blesse.
Les incohérences majeures des 5 dernières années
Le cas Conor McGregor : l'intouchable
Impossible de parler des anomalies du classement UFC sans évoquer Conor McGregor. L'Irlandais est probablement l'exemple le plus flagrant de traitement de faveur dans l'histoire du ranking.
Entre janvier 2020 et juillet 2021, McGregor n'a combattu que deux fois, avec une seule victoire contre Donald Cerrone. Malgré cela, il est resté classé dans le top 5 des poids légers pendant une période prolongée. Pire encore, après sa défaite par KO contre Dustin Poirier à l'UFC 257, il n'a chuté que de quelques places.
En comparaison, des fighters comme Islam Makhachev, qui enchaînait les victoires impressionnantes durant la même période, a dû attendre beaucoup plus longtemps pour intégrer le top 5. La logique sportive ? Introuvable.
Jon Jones et le ranking des lourds-légers fantôme
Quand Jon Jones a annoncé son passage chez les poids lourds en 2020, il a été retiré du classement des light heavyweights. Jusque-là, tout est normal. Mais voilà le twist : pendant près de trois ans, Jones n'a pas combattu une seule fois, tout en restant considéré comme le prochain challenger au titre des poids lourds.
Francis Ngannou a dû patienter, puis d'autres combattants ont été mis de côté, tout ça pour un fighter qui n'avait aucun combat à son actif dans la catégorie. C'est comme si on réservait une place en finale de Ligue des Champions à une équipe qui n'a pas joué de match de poule.
Khamzat Chimaev : la montée éclair qui dérange
À l'inverse, le cas Khamzat Chimaev illustre comment l'UFC peut accélérer artificiellement une carrière. En 2020 et 2021, le Suédois d'origine tchétchène a gravi les échelons à une vitesse jamais vue, parfois en sautant des rangs sans affronter les combattants classés au-dessus de lui.
Certes, ses performances étaient exceptionnelles, mais plusieurs fighters établis ont exprimé leur frustration de voir Chimaev obtenir des opportunités qu'ils attendaient depuis des années. Le message envoyé ? Si tu génères du buzz, les règles ne s'appliquent pas de la même façon.
Les catégories les plus touchées par les incohérences
Les poids légers : le chaos permanent
La division des lightweights est probablement la plus compétitive de l'UFC, mais aussi celle où le classement fait le moins sens. Entre 2019 et 2024, on a assisté à des situations absurdes.
Tony Ferguson est resté dans le top 5 pendant une série de quatre défaites consécutives, toutes par finish. Sa réputation et son passé glorieux semblaient peser plus lourd que ses résultats récents. Pendant ce temps, des prospects prometteurs comme Arman Tsarukyan ou Beneil Dariush ont dû se battre pour chaque place du classement.
Le titre de champion intérimaire a aussi été utilisé de manière très opportuniste, créant une confusion supplémentaire sur qui méritait vraiment d'être au sommet.
Les poids coqs : l'attente interminable
Chez les bantamweights, le règne d'Aljamain Sterling a été marqué par des controverses de classement. Après avoir remporté le titre sur disqualification contre Petr Yan, Sterling a été critiqué, mais le classement n'a pas vraiment reflété les performances de certains challengers.
Des combattants comme Merab Dvalishvili ont dû enchaîner un nombre impressionnant de victoires, parfois 8 ou 9 consécutives, pour simplement obtenir une chance au titre. En comparaison, d'autres ont eu leur shot après seulement 2 ou 3 succès, uniquement parce qu'ils avaient plus de notoriété.
Les poids moyens : le mystère Adesanya
Israel Adesanya a longtemps dominé la catégorie, mais son classement après ses défaites pose question. Suite à sa perte contre Alex Pereira, puis son échec face à Sean Strickland, Izzy a conservé une position élevée qui ne correspondait pas forcément à sa dynamique du moment.
L'UFC semble vouloir protéger ses stars des chutes trop brutales au classement, probablement pour préserver leur valeur commerciale. C'est compréhensible d'un point de vue business, mais difficilement justifiable sportivement.
Le rôle de Dana White et des matchmakers
L'influence réelle sur le classement
Officiellement, Dana White et les dirigeants de l'UFC n'ont pas de contrôle direct sur le classement. Mais leur influence indirecte est indéniable. En choisissant qui combat qui, ils orientent naturellement les possibilités de progression.
Un exemple concret : si l'UFC refuse de booker un combat entre deux fighters bien classés, celui qui attend sera forcément désavantagé. On l'a vu avec Leon Edwards avant son titre. Le Britannique a dû patienter des mois, voire des années, malgré une série de victoires, simplement parce que les matchmakers ne lui proposaient pas les bons adversaires.
Le facteur PPV et la logique commerciale
Il serait naïf de penser que l'UFC fonctionne uniquement sur des critères sportifs. C'est avant tout une entreprise qui doit vendre des pay-per-views. Et ça se ressent dans la gestion du classement.
Les combattants qui vendent, comme McGregor, Nate Diaz ou Jorge Masvidal, ont historiquement bénéficié d'un traitement de faveur. Masvidal, malgré des défaites, a continué à obtenir des combats de premier plan et à rester bien classé. Pourquoi ? Parce qu'il attire les fans et fait vendre.
Comparaison avec d'autres sports de combat
La boxe et ses multiples ceintures
Si on compare avec la boxe professionnelle, l'UFC s'en sort quand même mieux. En boxe, la multiplication des organisations (WBA, WBC, IBF, WBO) et de leurs classements rend la situation encore plus chaotique. Au moins, l'UFC propose un ranking unifié, même s'il est imparfait.
Cela dit, la boxe assume davantage son côté business. L'UFC, elle, essaie de maintenir une image de méritocratie sportive qui ne correspond pas toujours à la réalité.
Le Bellator et le PFL : même combat ?
Les concurrents de l'UFC ne font pas forcément mieux. Le Bellator, avant sa fusion avec le PFL, avait aussi ses incohérences flagrantes. Le PFL, avec son format de saison, propose une alternative plus transparente, mais perd en flexibilité et en storylines.
Au final, le problème semble inhérent au MMA professionnel : difficile de concilier spectacle et pure logique sportive.
Les réformes possibles du système
Un algorithme objectif ?
Certains proposent de remplacer le panel de journalistes par un algorithme basé sur des données objectives. On prendrait en compte les victoires, les défaites, la qualité des adversaires (via leur propre classement), la méthode de victoire, l'activité, etc.
L'avantage ? Plus de subjectivité, plus de favoritisme. L'inconvénient ? Le MMA ne se résume pas à des stats. Comment quantifier le eye test, l'évolution d'un combattant, ou les circonstances d'une défaite ?
Plus de transparence sur les critères
Une solution intermédiaire serait simplement d'imposer des critères clairs et publics aux votants. Par exemple, un combattant inactif depuis plus de 12 mois devrait automatiquement perdre des places. Un fighter sur une série de 3 défaites ne pourrait pas rester dans le top 10.
Ces règles simples élimineraient les cas les plus flagrants d'injustice, tout en laissant une marge d'appréciation humaine.
Intégrer les fans dans le processus ?
Certains suggèrent de donner une voix aux fans via des votes. Problème évident : les biais de popularité seraient encore plus forts. McGregor serait probablement éternellement numéro 1 si c'était le public qui décidait.
Mais une solution hybride, où le vote des fans compte pour 10 ou 20% du classement, pourrait apporter un équilibre intéressant entre expertise médiatique et ressenti populaire.
Verdict : truqué ou simplement imparfait ?
La nuance est importante
Alors, le classement UFC est-il vraiment truqué ? Si par truqué on entend une manipulation volontaire et systématique, probablement pas. Il n'y a pas de complot organisé pour favoriser certains combattants de manière cachée.
En revanche, le système est clairement biaisé et imparfait. Les conflits d'intérêts entre logique sportive et logique commerciale créent des situations injustes. Le manque de critères clairs laisse trop de place à la subjectivité et, indirectement, au favoritisme.
Ce qu'il faut retenir
Le classement UFC n'est pas une science exacte, et il ne le sera probablement jamais. C'est un mélange de performance sportive, de popularité, de timing et parfois de politique interne. En tant que fan, il faut l'accepter tout en restant critique.
Les incohérences des 5 dernières années, de McGregor à Jones en passant par les divisions les plus compétitives, montrent que des réformes seraient bienvenues. Plus de transparence, des critères plus stricts pour l'inactivité et les séries de défaites, voilà ce qui pourrait rendre le ranking plus juste.
En attendant, continue de suivre les combats, de te forger ta propre opinion, et n'hésite pas à gueuler sur Twitter quand le classement te semble aberrant. C'est ça aussi, être fan de MMA.







