Mike Malott : Le Canada a son Héros
UFC FIGHT NIGHT WINNIPEG - CANADA LIFE CENTRE - 18 AVRIL 2026
TKO Round 3 (2:08) face à Gilbert Burns - Record : 14-2-1 - 4 victoires consécutives
Le Canada Life Centre de Winnipeg a vécu une soirée qu'il n'est pas près d'oublier. Le 18 avril 2026, Mike Malott, combattant welterweight de 34 ans originaire de Kitchener, Ontario, a non seulement arrêté la légende Gilbert "Durinho" Burns par TKO au troisième round, mais il est entré dans les livres d'histoire du MMA canadien. Dernier Canadien à avoir été en main event d'un événement UFC sur son sol natal : Rory MacDonald en 2016. Dix ans de disette ont pris fin ce soir-là, et avec un style qui a emballé les 16 000 fans présents dans la salle.
La victoire de Malott n'était pas une surprise totale pour ceux qui suivaient de près sa progression en UFC. Depuis son arrivée dans l'organisation, le Canadien avait montré une évolution technique remarquable combat après combat, enchaînant quatre victoires consécutives dont deux par KO. Mais headliner un événement UFC en solo dans son pays natal, face à un ancien top 5 mondial, reste une étape d'un calibre complètement différent. Et Malott l'a franchie avec une autorité qui ne souffre aucune discussion.
La performance : Malott contrôle tout, Burns n'a pas de réponse
Dès les premières secondes du combat, Malott a imposé son plan de combat avec une clarté déconcertante. Pression constante, jeu de jambes qui coupe les angles, et une volonté affichée de forcer Burns à reculer plutôt que de lui permettre d'installer son propre rythme. Cette approche est exactement ce dont Burns avait du mal à se défaire : avec l'âge et quatre défaites consécutives dans les jambes, le Brésilien n'était plus le même lorsqu'il devait gérer une pression soutenue sans pouvoir trouver son espace naturel.
Au premier round, Burns a encore montré quelques éclairs de son niveau passé. Un jab tranchant ici, un left kick sur les côtes là, suffisants pour rappeler ce qu'il avait représenté dans la division des welters pendant cinq ans. Mais Malott absorbait les coups sans fléchir et répondait avec des combinaisons courtes et précises qui accumulaient les dégâts. Le round s'est terminé à l'avantage du Canadien selon la majorité des observateurs.
Le deuxième round a été celui de la domination physique. Malott a commencé à chercher le corps de Burns avec des crochets gauches bien placés, cherchant à ralentir les mouvements du vétéran brésilien. Burns a tenté plusieurs takedowns pour casser le rythme, mais Malott a défendu avec une aisance qui témoignait d'un camp d'entraînement soigneusement préparé. La fatigue commençait à se lire sur le visage de Burns.
Le troisième round a été fatal. Malott a monté d'un cran, pressant Burns contre la cage avec une intensité redoublée. Un uppercut dévastateur a créé l'ouverture, suivi d'une rafale de frappes au sol qui a contraint l'arbitre à intervenir à 2:08. Le Canada Life Centre a explosé. Malott, les poings levés, a cherché la caméra et crié quelque chose dans sa langue maternelle qui se perdait dans le vacarme assourdissant de la salle.
Le discours d'après-combat : hommage à Burns, ambitions affichées
Ce qui a rendu la soirée encore plus mémorable, c'est la façon dont Malott a géré le moment post-combat. Alors que Burns venait d'annoncer sa retraite au micro, Malott l'a serré dans ses bras longuement avant de lui rendre un hommage vibrant et sincère : "Gilbert Burns est l'une des raisons pour lesquelles je me bats. Il m'a inspiré, il a inspiré des milliers de combattants. C'est un honneur d'avoir partagé l'octogone avec toi pour ton dernier combat. Tu es une légende." Des mots qui ont touché toute la communauté MMA mondiale.
Puis, en se tournant vers le public canadien en délire, Malott a déclaré ses intentions pour la suite : "Je suis dans le top 15 maintenant, je veux le top 10. Donnez-moi un grand nom." Un appel direct à l'UFC pour obtenir un adversaire de prestige qui lui permettrait de se propulser dans les profondeurs du classement mondial.
La place historique de Malott dans le MMA canadien
Pour bien mesurer l'importance de cette soirée, il faut replacer Malott dans le contexte du MMA canadien. Le pays a produit des champions légendaires : Georges St-Pierre, le plus grand welterweight de tous les temps, Rory MacDonald, Patrick Cote, Mark Hominick... Une liste de warriors qui ont marqué l'histoire de l'UFC. Malott s'inscrit dans cette tradition avec une personnalité attachante et un style de combattant complet qui plait autant aux puristes qu'au grand public.
Stats de Mike Malott à l'UFC
Les autres résultats de la carte UFC Winnipeg
Au-delà du main event historique, la carte de Winnipeg a offert d'autres performances notables. Charles Jourdain, le Canadien volant des poids coq, a subi une défaite aux points face à Kyler Phillips (29-28 x3) dans un combat qui a été la bagarre de la soirée selon les observateurs présents. Jourdain a confirmé qu'il possède le talent pour rester compétitif au niveau UFC dans sa nouvelle catégorie, même si ce soir n'était pas le sien.
Dans la division des poids mi-lourds féminins, Karine Silva a réglé son compte à Jasmine Jasudavicius par décision unanime (29-28 x3) dans un combat solide qui montre la progression de la Brésilienne dans la division. Enfin, Tanner Boser a offert au public canadien une deuxième raison de célébrer en stoppant Gokhan Saricam par KO à 4:43 du deuxième round dans la division des poids lourds. Une soirée dense et excitante du début à la fin.
Quel adversaire pour Malott ?
La question se pose désormais : qui sera le prochain adversaire de Mike Malott ? Avec Burns entré dans le combat classé 11e au welterweight, une victoire place Malott dans le top 15, probablement autour de la 12e ou 13e place. Pour accéder au top 10, il lui faudra battre un adversaire classé entre la 8e et la 12e position.
Plusieurs noms circulent déjà dans les médias spécialisés : Sean Brady, qui cherche à se relancer après une défaite, ou Belal Muhammad si une revanche de prestige est envisagée. L'UFC, qui adore mettre en scène des héros locaux, pourrait également être tenté de programmer Malott dans un autre événement canadien, voire parisien ou britannique pour profiter de son image positive.
Ce qui est certain, c'est que Mike Malott a désormais toute l'attention de la division. A 34 ans, avec un niveau qui progresse encore, une mentalité de guerrier et un public canadien derrière lui, il a tout ce qu'il faut pour viser le top 10 et peut-être, pourquoi pas, une chance au titre dans quelques années. Le rêve canadien est vivant. Et il pèse 170 livres.
Le MMA canadien : une puissance qui ne s'éteint pas
La performance de Malott à Winnipeg confirme une tendance que les observateurs notent depuis quelques années : le Canada reste une pépinière de talents MMA d'exception. Malgré l'absence de GSP - le plus grand ambassadeur du sport dans ce pays - les clubs canadiens continuent de former des combattants qui s'illustrent au plus haut niveau international.
Pour les clubs de MMA français qui cherchent des modèles de développement, le Canada offre une référence intéressante : un écosystème d'académies bien structurées, des formations de coaches de haut niveau, et une culture du sport de combat enracinée dans plusieurs communautés culturelles du pays. La victoire de Malott à Winnipeg n'est pas un accident ; c'est le fruit d'un système qui fonctionne. Et ça, ça ne demande qu'à être étudié et reproduit.

